LA SOLIDARITÉ EN ENTREPRISE INSPIRÉE PAR LES COMPOSANTES DE NOTRE SOCIÉTÉ

Mai 30, 2020

LA SOLIDARITÉ EN ENTREPRISE INSPIRÉE PAR LES COMPOSANTES DE NOTRE SOCIÉTÉ

Mai 30, 2020

On le sait et personne ne pourra le nier, le Coronavirus est un fléau planétaire qui aura touché et désoeuvré une majeure partie de la population mondiale. Au-delà du nombre de victimes qu’il continue d’infecter et d’emporter chaque jour, nous ne pourrons oublier les effets dévastateurs qu’il a eu sur notre économie, notre société et nos psychologies individuelles et collectives. Nous sommes bien-évidemment tous devenus experts des innombrables raisons qui font de cette pandémie une calamité pour notre population et son environnement. Les médias ne manquent pas de nous les rabâcher chaque jour, chaque heure, à chaque minute et à chaque seconde. Lorsque nous recevons une notification, nous pourrions parier qu’il sera fait mention du Covid-19 ou du (dé)confinement. Mais que se passerait-il si nous commencions à positiver et à regarder la vie du bon côté ? Pourrions-nous déceler les effets favorables de cette crise ? Pourrions-nous même, soyons fous, en tirer des enseignements ? Serait-il alors possible d’évoluer en se concentrant principalement sur ces sujets, plutôt que sur les atrocités qui envahissent nos fils d’actualités ?

1- OUBLIONS LA “NORMALITÉ”

Mettons de côté les constats sinistres que cette crise a su révéler sur les problématiques mondiales et sur nos capacités destructrices à grande échelle. Oublions l’absence de stratégie de prévention et de défense planétaire à l’heure de l’Apogée de la Mondialisation. Ignorons le manque d’intelligence collective et la faculté d’une population mondiale à sombrer dans une arriération individuelle, commune et globale. Fermons les yeux, ne serait-ce qu’un instant, sur les conditions inhumaines et déplorables dans lesquelles nos services d’utilité publique doivent évoluer chaque jour. Ne pensons pas à la crise économique qui pointe le bout de son nez sans qu’aucune Intelligence Artificielle, pourtant adulée, n’ait réussi à en anticiper les conséquences.

À l’inverse, tentons plutôt d’imaginer que pour une fois, l’Homme n’oubliera pas. Poussons même le fantasme au-delà, et envisageons qu’il arrivera enfin à apprendre de ses erreurs. Visualisons « le monde d’après ». Un futur où tout reste possible. Celui où l’humanité entière pourrait tenter de rattraper les erreurs accumulées depuis des siècles par des générations rongées par la cupidité. Attention ! Je tiens à souligner que nous ne parlons pas, là, d’un « retour à la normale ». Surtout pas ! Qui voudrait retrouver cette « normalité » dans laquelle nous évoluions avant cette crise ? Quelqu’un serait-il vraiment suffisamment fou pour espérer retrouver ce monde pourri par l’apologie de l’apparence, de l’exhibitionnisme et du nombrilisme endigué par les médias et les réseaux sociaux ? Un monde où le respect des scientifiques, des personnels soignants, des membres des forces de l’ordre, des experts, des enseignants, et de nombreux autres métiers pourtant indispensables, n’a plus aucune valeur. Un monde régit par des gouvernements en déclin qui ne parviennent plus à répondre aux besoins et aux attentes de leurs citoyens. Un monde où les valeurs inculquées ne tendent que vers un objectif unique : le développement au nom de l’enrichissement purement et simplement personnel, engendrant des dégâts dévastateurs pour nos générations présentes et futures. Non, honnêtement, j’ai rencontré un tas d’écervelés, mais malgré tout, aucun d’entre eux n’est suffisamment atteint pour accepter ce fameux « retour à la normale ». Et après tout, personne ne le mériterait non plus !

Ça y est, c’est fait ! Maintenant que nous avons pu nous détacher du caractère tortionnaire et destructeur de cette calamité qu’est le Coronavirus, et que nous avons réussi à faire table rase de cette frénésie enragée sur la norme imposée, il est temps. Il est temps de relever le positif et de voir la vie du bon côté. Temps de s’attarder sur les bienfaits qu’une telle détresse a su mettre en avant. Temps de se consacrer à ce que nous appelons désormais les avantages collatéraux de la crise du Covid-19. Poussons même le vice un peu plus loin et prenons le temps de réfléchir collectivement aux pistes d’améliorations vers lesquelles nous pourrions tendre dans une démarche de restructuration du monde vers un modèle plus durable, plus solidaire et plus équitable. Le temps, cet élément qui jusqu’à présent nous a souvent fait défaut et dont nous débordons aujourd’hui. Il semblerait que le temps soit venu de consacrer – justement – notre temps à ce changement, tant espéré et plus que jamais nécessaire.

2- PRENONS LE TEMPS DE LA RÉFLEXION

Sans trop de peines, nous pourrions rapidement découvrir que cette période de confinement aura su briller par ses conséquences écologiques dont la diminution des émissions de CO2 est à relever. Et oui ! Qui dit moins de véhicules pestilentiels et d’usines aux productions fumigènes, dit moins de pollueurs ravageurs. Un constat qui permettra peut-être enfin de convaincre les irréductibles écolo-sceptiques d’évoluer vers des comportements individuels adaptés, mais aussi vers davantage de démocraties participatives encourageant les initiatives innovantes et alternatives. Dans un monde idéal, nous arriverions même à susciter un engagement politique et économique majeur face aux problématiques environnementales auxquelles nous nous heurtons. La nette observation de l’amélioration de la qualité de l’air au cours des dernières semaines pourrait nous pousser à imaginer des stratégies de gestion du temps et de nos habitudes socio-professionnelles favorables à la bonne répartition des sources polluantes. Côté faune, également, n’oublions pas que le sacrifice du Pangolin jusqu’ici méconnu de beaucoup d’entre nous, aura permis aux autorités responsables de sauver des espèces en voie de disparition en renforçant l’application de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction. Ne serait-ce pas notre rôle à tous de veiller au bon respect de ces règles ? À l’échelle individuelle, il semblerait effectivement impossible de défendre efficacement une telle cause. Mais impossible n’est pas français ! Il existe des milliers d’exemples prouvant que des convictions et des actions individuelles peuvent avoir un réel impact dès l’instant où elles sont défendues et partagées. Imaginez donc la visibilité que votre entreprise pourrait apporter à cette petite idée qui trône dans un coin de votre tête…

Concentrons-nous désormais sur ces aubaines d’un point de vue social. Le confinement nous aura tout de même permis d’accorder du temps au bon-temps et à la redécouverte des plaisirs simples et oubliés. Le temps de la réflexion, de la divagation et de la création. Il nous aura permis également de renouer et resserrer les liens avec nos proches. Avouons-le, nous avons tous, au moins une fois béni les apéro-skypes et leur proximité avec nos lits. Le confinement, c’est aussi pour beaucoup, la redécouverte des plaisirs de la cuisine maison accompagnée d’une bonne bouteille de vin. Un retour aux sources, l’apologie du bon-vivant. Cependant, si nous faisons partie des privilégiés, n’oublions pas que d’autres n’ont pas la chance de vivre dans cette prison dorée qui les fait pourtant rêver. Au lendemain de la crise, lorsque nous pourrons retourner à nos occupations, l’altruisme et la solidarité individuelle et entrepreneuriale seront toujours de mise et devront perdurer. Sur une note plus jouissive et inavouable, rappelez-vous que nous n’avons désormais plus besoin de serrer la main ou de faire la bise à des gens que l’on n’apprécie peu ou pas. Un hochement de tête dédaigneux ou un coup de coude déplacé sera perçu comme un acte de respect presque héroïque. Nous parlions plus haut de la suprématie de l’égocentrisme et de l’exhibitionnisme sur les réseaux sociaux. Mais avez-vous noté que, depuis le début du confinement, nous voyions de moins en moins de selfies ostentatoires, au profit de posts artistiques, de photos alimentaires ou de messages d’espérance, de motivation et d’éloge à l’acceptation et l’estime de soi ? De même, il a été prouvé que certaines plateformes de rencontres enregistrent plus de 20 % supplémentaires de conversations depuis le début de cette période. Entrerions-nous dans une démarche plus réelles et concrète de recherche d’un idéal de relation construite sur la base du dialogue et non plus du physique ? Une chose est certaine, en tout cas, que l’on soit politicien, musicien, acteur ou autre figure publique, membre du personnel soignant, enseignant, patron de petite ou de grande entreprise, employé modèle ou rebelle, chômeur occasionnel ou intemporel, nous avons tous les mêmes craintes sanitaires et subissons les mêmes restrictions. Cette pandémie nous aura prouvé à nos dépens que nous sommes tous égaux face à la mort. N’en profiterions-nous donc pas pour participer à la désacralisation de certaines personnalités intronisées par les médias, dont la nécessité publique reste encore à prouver ?  Nous voyons petit à petit apparaître un effort de mise en avant des réels héros de la vie quotidienne, ceux que nous admirons pour des raisons existentielles et bien concrètes. Charge à nous désormais de nous y accrocher et de démocratiser cette démarche qui devrait perdurer au-delà de la surexposition médiatique actuelle. Cette vague bactériologique, sur laquelle nos marques et nos médias surfent actuellement, pourrait ainsi inspirer une réelle évolution dans nos manières de communiquer en se recentrant sur l’humain et la société.

À présent, allons faire un tour du côté de l’éducation si vous le voulez bien. À l’apparition de cette nouvelle pratique qu’est la « continuité pédagogique », nous avons effectivement pu observer les limites de l’éducation 2.0, et les parents ont pu, quant à eux, se rendre compte de l’importance et de la valeur d’un système éducatif encadrant. Ces obligations, bien qu’extrêmement chronophage, aurons permis à de nombreux enseignants de faire évoluer leurs pratiques et de les adapter davantage aux nouvelles technologies, et donc, aux nouvelles générations. Cette expérience permettra, nous l’espérons, à notre système éducatif, ainsi qu’à nos pensées collectives, d’évoluer vers des pédagogies encourageantes, protectrices et respectueuses de l’enseignant. Possiblement, nous pourrions tendre vers un enseignement plus émancipateur qui pousserait davantage à l’intelligence autonome et particulariste, basé sur un système de gratification plus que de punition. En clair, afin d’éviter des catastrophes à venir, il serait peut-être temps d’abolir les pédagogies qui poussent nos jeunes générations à sombrer dans un assistanat amorphe et vide de toute réflexion intelligente, pour privilégier les propositions de solutions éducatives innovantes et alternatives qui tirent notre population vers le haut, et non l’inverse. Quitte à éduquer les jeunes générations, concentrons-nous également sur les générations plus aguerries. Nous pourrions très facilement tirer un enseignement des effets néfastes du « chacun pour soi » proclamé par les personnes qui criaient au respect des libertés personnelles alors que les gouvernements tentaient, tant bien que mal, de mettre en place des mesures sécuritaires nécessaires au sauvetage d’une population dans sa globalité. Il faudrait donc pouvoir endiguer le respect des règles de vie responsables, favorables à une communauté toujours en apprentissage de la vie collective et de ce que cela implique. Ainsi, les jeunes et moins jeunes générations pourraient évoluer dans un environnement social plus respectueux du vivre-ensemble pour tendre vers une société plus communautaire, prônant l’intelligence collective et la solidarité commune.

Attardons-nous ensuite sur la mise en valeur des avantages collatéraux sur le plan économique. S’il y a une chose qui a été démontrée lors des dernières semaines, c’est bien la prise de conscience collective sur l’intérêt et l’importance de certaines professions d’utilité publique, jusqu’ici, trop souvent oubliées ou sacrifiées. Maintenant que ces problématiques ont été mises au-devant de la scène, nous pouvons espérer et solliciter une rapide restructuration durable et favorable à ces métiers réellement nécessaires au bon fonctionnement et à l’épanouissement de notre communauté. Nous pourrions, par ailleurs, profiter de la chute libre du pétrodollar, soi-disant indétrônable, pour nous détacher d’un système économique profitant uniquement à certains pays. De surcroît, des pays pensant être invincibles face à une telle épidémie, n’ayant pas su protéger correctement leurs nations. Faisons preuve d’humilité et sachons prendre exemple sur des nations plus “pauvres” qui ont su  faire preuve de bon sens dès l’arrivée de la pandémie, leur permettant de protéger efficacement leurs populations et ainsi de limiter les dégâts causés sur leurs économies. Enfin, nous avons pu entrevoir une dynamique de solidarité mondiale se mettre en place au fur et à mesure que le nombre de victimes augmentait. D’une part, les particuliers se sont investis davantage dans des actions de bénévolat et ont été plus généreux envers les plus nécessiteux. D’autre part, les entreprises, petites et grandes, ont su mettre en place des actions solidaires au travers d’idées innovantes et alternatives mises au service du bien commun. Il s’agit là d’une première étape importante vers un monde de l’entreprise conscient et participatif à une économie évolutive qui se concentrerait davantage sur les éléments humains et environnementaux qui la constitue. Désormais, il faudrait s’assurer que nous n’oublions pas de si vite ces valeurs, et que nous les ancrions au sein de nos stratégies d’entreprises.

Tous ces constats nous prouvent que le monde de demain n’est pas un simple rêve, il est bien présent, à la portée de chacun d’entre nous. La tâche qui nous incombe désormais à tous, est donc d’entretenir cette dynamique de prise de conscience, de réflexion et de solidarité, en la faisant évoluer et vivre au-delà de la crise actuelle. Il en va de notre responsabilité collective de rendre hommage aux milliers de vies emportées par cette pandémie en apprenant de tous ces enseignements, et en inscrivant de manière définitive et durable ces évolutions vers un « monde de demain anormal ». Une anormalité positive, inspirée des avantages collatéraux de cette crise et axée sur des principes de solidarité. Ces déviations vers un futur plus solidaire et égalitaire peuvent être initiées dans notre quotidien en tant qu’individu, mais aussi, et surtout, au sein de nos activités professionnelles et entreprises dont l’impact positif sera renforcé par la portée et le nombre d’acteurs impliqués. La balle est dans notre camp, saurons-nous la renvoyer avec intelligence et bienveillance ?

Un article de Carine Loison